Quand on regarde une chaussure, on remarque immédiatement son cuir, ses couleurs, sa semelle ou son design. Mais il existe un élément que l’on ne voit presque jamais et qui joue pourtant un rôle essentiel : la forme de chaussure.
Sans elle, pas de chaussure.
La forme est à la fois la structure qui permet de fabriquer la chaussure, le volume qui va accueillir le pied et un élément déterminant de son style.
Chez Milémil, je travaille depuis de nombreuses années dans le développement et la fabrication de chaussures. Et parce que la forme est au cœur de la conception d’un modèle, je propose également des formes de chaussure à la vente.
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Mais qu’est-ce qu’une forme de chaussure ?
La forme est une sorte de « pied artificiel » autour duquel la chaussure va être construite.
Elle permet de donner à la chaussure son volume et sa géométrie : longueur, largeur, hauteur, volume de l’avant-pied, relevé, cambrure, hauteur de talon…
Elle constitue donc la base du développement et de la fabrication d’un modèle.
On pourrait penser qu’il suffit de prendre la forme d’un pied pour fabriquer une forme de chaussure. En réalité, c’est beaucoup plus complexe.
Une forme est conçue par un formier, qui travaille notamment à partir de statistiques sur les dimensions moyennes des pieds. Il doit ensuite trouver un équilibre entre ces données et l’intention esthétique du créateur ou du styliste.
C’est donc un véritable compromis entre confort, chaussant, fabrication et esthétique.
La forme influence directement le look de la chaussure
Deux chaussures peuvent avoir exactement le même dessin et pourtant avoir un rendu complètement différent.
Pourquoi ?
Parce que la forme sur laquelle elles sont développées n’est pas la même.
Une forme peut avoir un bout plus rond, plus carré ou plus pointu. Elle peut être plus large ou plus fine, plus ou moins relevée, avec une hauteur de talon différente…
Tous ces paramètres modifient l’allure générale de la chaussure.
C’est particulièrement visible avec des modèles comme les Chelsea boots, les escarpins ou les derbies : le modèle peut rester identique, mais changer complètement de caractère selon la forme utilisée.
La forme est donc aussi un véritable outil de design.
Comment conçoit-on une forme de chaussure ?
La conception d’une forme commence par une réflexion sur le pied et sur la chaussure que l’on souhaite obtenir.
1. Déterminer le volume chaussant
La première question est évidemment : quel pied doit pouvoir entrer dans la chaussure ?
Il faut prendre en compte les dimensions du pied, mais aussi les espaces nécessaires pour que celui-ci puisse fonctionner correctement dans la chaussure.
La longueur de la forme est notamment déterminée à partir de la longueur du pied, avec une marge supplémentaire. Dans les données de référence utilisées en formation, on retient par exemple :
Longueur de forme = longueur du pied + 10 à 12 mm.
La largeur et le volume sont également essentiels. La largeur peut notamment être appréhendée à partir du périmètre mesuré au niveau des doigts.
2. Choisir la pointure
Une forme est généralement développée pour une pointure donnée.
Dans le système français, les pointures progressent de 6,66 mm en longueur et de 5 mm en périmètre à l’articulation.
Cela signifie que lorsqu’on souhaite développer une gamme complète, il faut prévoir une construction cohérente entre les différentes pointures. Il faut une paire de formes par pointure.
Et surtout : une forme n’est pas universelle.
3. Définir le style
C’est ici que le travail de conception devient particulièrement intéressant.
Quel type de chaussure veut-on créer ?
Un escarpin élégant ?
Une basket ?
Un derby ?
Une bottine ?
Une chaussure à bout carré ?
Un modèle à bout pointu ?
La forme va devoir traduire cette intention.
Et certains changements nécessitent une nouvelle forme : par exemple, si l’on souhaite modifier fortement la hauteur du talon ou passer d’un bout rond à un bout pointu ou carré.
La forme devient alors une véritable signature du modèle.
En quelle matière fabrique-t-on une forme ?
Traditionnellement, la première forme est généralement réalisée en bois.
Pour la production industrielle, les formes peuvent ensuite être réalisées en plastique très dense, afin de résister aux contraintes et à la pression des machines utilisées lors du montage.
En orthopédie, on utilise notamment des formes en bois réalisées aux mesures du patient, car le montage est effectué à la main et ne nécessite pas de supporter les mêmes contraintes que dans l’industrie.
L’impression 3D commence également à trouver sa place, notamment dans certains usages en orthopédie.
Une forme peut aussi être articulée ou ferrée
Une forme n’est pas forcément un simple bloc.
Selon le modèle et le procédé de fabrication, elle peut être articulée afin de faciliter son extraction de la chaussure après le montage.
Elle peut également être ferrée, c’est-à-dire équipée de parties métalliques permettant notamment de protéger la forme contre les semences et les contraintes liées au montage.
Ces détails sont particulièrement importants lorsque la forme est destinée à un usage professionnel.
Combien coûte le développement d’une forme ?
Le développement d’une forme représente un véritable travail de conception.
À titre indicatif, le développement d’une forme sur mesure, peut couter autour de 500 €, même si ce coût peut parfois être intégré ou non facturé dans certaines situations, notamment lors de la fabrication d’un parc de formes.
Pour une production industrielle, il faut également prévoir plusieurs paires d’une même pointure selon les besoins de fabrication.
Pourquoi vendre des formes chez Milémil ?
Après plus de 25 ans dans l’industrie de la chaussure, j’ai accumulé une expérience très concrète du développement produit : du chaussant à la conception, en passant par le prototypage et la fabrication.
J’ai donc choisi de proposer également des formes de chaussure à la vente chez Milémil.
Elles peuvent être utiles à différents profils :
- créateurs et créatrices de chaussures ;
- jeunes marques qui souhaitent développer leurs propres modèles ;
- designers ;
- écoles et organismes de formation ;
- prototypistes ;
- artisans qui souhaitent travailler autour de la chaussure ;
- personnes qui souhaitent se lancer dans la conception de chaussures.
L’objectif est de rendre plus accessible cet élément essentiel du développement d’une chaussure.
Parce qu’avant même de choisir un cuir, une semelle ou une couleur, il faut commencer par se poser une question essentielle : sur quelle forme cette chaussure va-t-elle être construite ?
La forme : le point de départ d’une chaussure
Une belle chaussure ne se résume donc pas à son apparence.
Derrière chaque modèle se cachent des choix techniques : le volume, les proportions, la longueur, la largeur, le relevé, le talon, le bout…
La forme est le lien entre le pied, le confort, la technique et le design.
C’est aussi ce qui rend le développement de chaussures si passionnant : quelques millimètres peuvent changer complètement le chaussant ou l’allure d’un modèle.
Et c’est précisément pour cela que, chez Milémil, je considère la forme comme bien plus qu’un simple outil de fabrication.
C’est le premier objet que l’on dessine lorsqu’on commence réellement à donner vie à une chaussure.
Vous cherchez une forme pour développer vos chaussures ?
Découvrez les formes disponibles sur le site Milémil
Et si vous avez un projet de création ou de développement de chaussure, vous pouvez également me contacter : mon expérience de l’industrie de la chaussure me permet de vous accompagner dans la création d’une forme sur mesure, adaptée à votre projet.
Isabelle – Créatrice de Milémil








